19.05.2012

La jeunesse, c'est l'avenir !

                                    Ayrault.jpg               L'éducation et la jeunesse sont la priorité du nouveau gouvernement. Très bien, comment pourrait-on ne pas être d'accord ? A l'inverse, ce nouveau gouvernement ne semble pas intéresser la jeunesse, si j'en juge par mes terminales.

Ayant trouvé sur Internet une petite video de notre nouveau premier ministre invité en 2009 à Berlin et parlant l'allemand, j'ai eu l'idée de faire d'en faire une devinette pour mes élèves. Je leur ai passé la video d'abord sans l'image (avec image, ce serait trop facile, m'étais-je dit), leur demandant quelle était cette personnalité s'exprimant dans la langue que nous étudions ensemble. La seule personnalité française susceptible de parler l'allemand qu'ils ont trouvée etait Franck Ribéry.

Je leur ai montré ensuite les images: pas un seul d'entre eux ne connaissait le nom du premier ministre !

 

23.04.2012

Dicker Nordwind !*

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Depuis que tous les élèves disposent d'internet, il devient difficile de les motiver à apprendre du vocabulaire, sauf pour un contrôle.

Ce qui ne cesse de m'étonner, c'est à quelle vitesse ils oublient ensuite. Lorsque je "réactive" (selon le jargon pédagogique) des mots vus en décembre, ils les ont en général oubliés. Pourquoi retenir quelque chose que l'on peut retrouver facilement grâce à la magie d' Internet ? Leur premier réflexe est toujours le pianotage sur clavier, sans aucune réflexion.

Deux exemples récents. Dans une copie de 1ère S: je trouve: "Er war Teil". Perplexité de ma part. "der Teil" = la partie. "Il est partie d'un tout ?" Réflexion philosophique ? Pas du tout: il voulait dire "Il est parti". Non seulement après 6 ans d'allemand cela aurait dû être traduisible sans aide, mais de plus, le mot cherché dans le dico n'était pas le bon.

Autre exemple, qui semble impossible, et pourtant... Dans une autre copie de 1ère S, je trouve la phrase :"Man muss eine Dienstmädchen Beziehung haben" (à propos des qualités requises pour être médecin). Euh... pardon ? Traduction: "Il faut avoir une relation de bonne [avec les patients]". En fait l'élève a probablement cherché le mot "bonne" dans un dictionnaire en ligne, ou alors elle a fait traduire une phrase entière et l'a recopiée sans se méfier. Da stehen mir die Haare zu Berge ! (mes cheveux se dressent sur la tête !

(Dicker Nordwind: grosse bise ! Trouvé l'an dernier)

 

22.04.2012

Le téléphone est notre ennemi !

        Smartphone.jpg                                                                          Le smartphone envahit nos salles de classe à un point affolant. Rien qu'en un an, les problèmes liés à l'usage intensif du téléphone ont augmenté de 100% (à la louche) dans mes cours et, pour ce que je sais, dans les cours de façon générale.

Beaucoup d'élèves ont les yeux rivés sur l'écran de leur téléphone. Comment font-ils ? Certains les gardent dans leur trousse ouverte, mais la tendance qui se répand, c'est de le caler entre les jambes, là où notre regard ne porte évidemment pas. Les filles se nantissent souvent d'écharpes habilement enroulées, dans les plis desquelles le téléphone devient invisible. Si je devais confisquer le téléphone à chaque fois que je surprends un tel manquement au règlement, ce serait plusieurs fois par jour. Ce serait se battre contre des moulins à vent.

Les smartphones avec connection internet sont de plus en plus fréquents. Il faut de plus en plus baliser les sujets donnés, car de nombreux élèves n'hésitent pas à chercher les informations sur Internet chaque fois que le prof a le regard tourné, et il est forcément impossible de regarder TOUS les élèves  TOUT LE TEMPS.

Lorsqu'ils se font coincer, ils ne nient même pas. Récemment j'avais demandé d'apprendre quelques mots de vocabulaire journalistique que j'ai demandés en contrôle, dont le mot "la colonne" (du journal). L'un de mes élèves de première L a traduit cela par "die Säule", mot qui correspond à la colonne du temple. En rendant les copies, je l'ai félicité pour l'étendue de son vocabulaire...  avant de lui signifier que je n'étais pas dupe. Cela ne l'a nullement gêné.

L'un de mes collègues de physique a fait une expérience en fin d'année dernière: il a demandé à tous les élèves de bien vouloir le laisser examiner leurs téléphones, et il a regardé qui avait ouvert ou envoyé un texto pendant son heure de cours: 80 % des élèves avaient fait ou l'un ou l'autre et cela, sans qu'il s'en soit aperçu.

J'ai raconté dans trois de mes groupes l'expérience réalisée par un prof de français (voir ci-dessous). Dans l'un des groupes (pourtant constitué d'élèves studieux et scolaires) la réaction a été vivement négative: "Quoi ? Il a piégé ses élèves ? Mais c'est dégueulasse ! " Il leur a paru bien plus condamnable de piéger ses élèves (pour la bonne cause) que de tricher en copiant tout un devoir sur Internet !

Il est fort à craindre que nous 'en soyons qu'au début de toutes ces magouilles. Tant qu'il n'y aura pas de brouilleurs d'ondes dans les salles de classe, les problèmes liés au téléphone ne cesseront d'augmenter.

Quant aux problèmes liés au plagiat et à la triche grâce à Internet, ils ne vont cesser de se multiplier, c'est une certitude.  Je suis bien contente d'être "en fin de carrière", car se battre contre toute démotivation demande une énergie folle !

A lire: http://www.laviemoderne.net/lames-de-fond/009-comment-j-a...